[Finale aller de D2F] L’interview croisée de Laura Portes et Perrine Petiot !

Joueuses clefs de cette finale de D2F, nommées aux Trophées de fin de saison, l’Auvergnate Laura Portes et la Bretonne Perrine Petiot se livrent en interview croisée avant cette double rencontre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux-là, très amies dans la vie, ne vont pas se faire de cadeaux.

Vous avez toutes les deux passées le cap des demi-finales face à des adversaires relevés, quel regard portez-vous sur votre performance ?

Laura Portes : Je suis assez fière de mon équipe car on a su se remobiliser après une fin de saison régulière très compliquée avec beaucoup de blessures. On a su remobiliser nos forces face à un adversaire que l’on avait joué assez récemment. On a su se remettre au travail, savoir quelles avaient été nos failles et les régler. Je pense que la victoire là-bas fait beaucoup de bien parce qu’on avait perdu chez elles quelques semaines avant. On avait toutes hâtes de jouer ce match avec néanmoins une petite voix dans la tête qui nous disait que cela faisait 3 matchs et 3 défaites, et qu’il fallait régler la mire et régler cette spirale négative.

Perrine Petiot : De notre côté, je pense que l’on peut dire que la qualification a été plutôt bien gérée. On savait que le match à l’ASUL Vaulx-en-Velin serait comme une mi-temps et qu’il faudrait conclure ensuite chez nous. Notre deuxième mi-temps a été super réussie. On a su corriger les problématiques qui ont fait que l’on a eu du mal à vraiment gagner plus largement là-bas. Ça n’a pas été facile, mais les filles se sont rendues la tâches évidentes. On se savait attendues et plus la saison a avancé et plus on s’est rendu compte de nos forces, peut-être naïvement. Avec beaucoup de qualités individuelles bien exploitées. Et depuis janvier, on se rend compte que l’on était de sérieuses concurrentes pour le titre. Mais ça n’a pas changé notre façon de jouer.

Maintenant s’ouvre un nouveau chapitre, la finale en deux rounds entre vos deux équipes. Comment voyez vous cet adversaire ? Vous le voyez être face à vous ?

L.P. : Oui, honnêtement, on est conscientes de la qualité de Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball. D’ailleurs, on les gagne chez nous mais on les perd chez elle sur la saison régulière. C’est une équipe qui a énormément d’individualités, beaucoup de gabarit et en fait, elles ont deux 7 capables de jouer sur le terrain. Un qui va tirer de loin, l’autre qui va être dans le duel. On est conscientes qu’elles peuvent nous poser des problèmes, elles l’ont déjà fait aussi. Mais on sait que l’on peut les battre. On a engranger de l’expérience et travailler des stratégies pour les battre sur cette finale aller-retour.

P.P. : Il y a quand même eu quelques incertitudes concernant Clermont car elles étaient sur une mauvaises dynamiques. Le BHNM était capable de leur poser de réels problèmes. Donc on était un peu partagé mais sur le papier, elles étaient favorites.

Quelles sont les qualités de vos adversaires?

P.P. : Leur point fort, c’est la défense clairement. Leurs deux numéro 3 sont d’ailleurs nommées pour les Trophées. Le défi est d’abord-là. De notre côté, c’est l’attaque le point fort donc on doit arriver, comme au match retour, à contrer ou contourner cette défense. Trouver des moyens de scorer. Après comme elles défendent bien, il faut aussi souligner le bon travail de leurs gardiennes. Et notamment Laura.

L.P. : Elles aussi ont des très bonnes gardiennes, je les connais bien. Leur attaque est aussi assez diversifiée, vraiment. Elles peuvent être rapides, en puissance. Si elles n’y arrivent pas dans un secteur elles peuvent basculer sur un autre secteur.

Toutes les deux, vous vous connaissez bien… Quel regard portez-vous sur l’autre ?

P.P. : On s’est connu à Celles-sur-Belle et on est devenu très amies. Elle a un super état d’esprit, donne beaucoup d’énergie aux autres. C’est toujours super de jouer avec quelqu’un comme ça. Elle est hyper sérieuse et investie au quotidien, à l’entraînement. C’est la coéquipière rêvée mais quand on joue contre, on est moins contente (sourires).

L.P. : Avec Perrine, on est très amies, c’est vrai. Mais je me méfie vraiment beaucoup d’elle (rires). Elle est très dangereuse sur un terrain, elle a une très bonne lecture de jeu, elle apporter elle-même du danger soit en passant la balle soit en allant au but. C’est un des atouts très forts de cette équipe. Elle est d’ailleurs nommées pour être joueuse de l’année. C’est une super amie, toujours à l’écoute. On peut s’appeler à n’importe quelle heure de la journée, elle répondra et sera toujours d’un avis avisé. Elle aime la vie, les gens, l’esprit d’équipe.

Est-ce que le match a déjà commencé entre vous ?

L.P. : On essaye de prendre la température de l’équipe adverse avec des textos pour savoir qui est en forme, qui ne l’est pas. Mais en restant succincte car ça peut se jouer sur les détails. Néanmoins on est toujours en contact donc on a quand même un petit suivi.

P.P. : On sent que l’on essaye de se sonder mais pas trop quand même. Sinon on embête trop l’autre avec nos questions. Mais surtout de savoir comment va l’autre, ça c’est plus important.

Le format sur deux rencontres est-il plus juste que sur une seule ?

L.P. : Je suis persuadée que celui qui va l’emporter sera la plus fort. Sur un match sec, il peut y avoir une contre-performance d’une équipe mais moins sur deux. Après, à domicile, à l’extérieur, il y a plein de paramètres qui entrent en compte donc je pense que ça sera très difficile de gagner ce genre de finale. On verra bien dans deux matchs si on a gagné (sourires). Il va y avoir beaucoup d’engagement, d’effervescence avec les deux publics. Ça va être musclée.

P.P. : Comme on va recevoir à l’aller, au regard de la formule qui inclut le barrage ensuite pour elles, je pense que c’est un peu plus avantageux pour elles car on devra aller chez elles sur le second match. Après sur l’aller-retour, je trouve ça très bien. Ça donne un peu plus de matchs sur cette saison car on n’en a pas eu beaucoup. Et sur deux matchs, la vérité du vainqueur sera peut-être plus représentative.

Si vous deviez piquer une joueuse chez votre adversaire, ça serait qui ?

L.P. : Ça serait forcément Petiot (rires). C’est un atout qui dans n’importe quelle équipe ferait du bien !

P.P. : Moi aussi je la prendrais… Même si j’ai déjà de bonnes gardiennes. Dans tous les cas, une joueuse comme elle, ça ne court pas les rues.

Vous êtes toutes les deux nommées dans les récompenses de fin de saison. Comment le vivez-vous ?

P.P. : Déjà ce qui est bien, c’est que ça n’est pas sur le même poste. Chacune a le rôle de faire chuter l’autre. Et surtout, pendant les 120 prochaines minutes, il n’y aura plus de copine. Sur le plan plus personnel, j’avoue que cela fait plaisir d’être nommée. C’est mon métier et je suis contente d’être reconnue comme l’ayant bien fait, avec de la bonne performance. Ça n’est pas anecdotique mais c’est surprenant car ça ne m’est jamais arrivée surtout que je ne considère pas que ça soit ma meilleure saison en D2F. J’ai été surprise mais je prends avec grand plaisir. On verra si je suis élue car il y a des concurrentes de taille en face mais ça récompense le travail. C’est marrant que ça arrive pour ma toute dernière saison.

L.P. : C’est hyper gratifiant. Après je sais que mes performances sont énormément liées à ma défense qui est d’ailleurs la meilleure du championnat. Mais il faut quand même que je fasse les arrêts derrière. Après derrière cette défense, je ne peux que faire de bons matchs !

Un dernier mot Perrine de votre part puisque vous tirerez votre révérence dans deux rencontres… c’est définitif ?

P.P. : Oui c’est décidé depuis un moment, depuis janvier. Je suis très excitée par les deux prochaines rencontres qui se présentent et très excitée par la suite. Je suis allée au bout de l’expérience dans ce métier-là et que je serais contente de vivre ces derniers moments en jouant ce titre. Mais je serais aussi super contente de me reposer !