Les Premières Fois de… Charlène Guerrier !
Valeur montante du côté de Strasbourg Achenheim Truchtersheim Handball, l’arrière gauche Charlène Guerrier effectue une saison très convaincante puisqu’outre son rôle défensif, elle pointe aussi notamment à la 2e place des buteuses de son club et à la 29e place du classement. L’occasion d’en savoir plus sur la joueuse originaire de Côte d’Or.
Charlène, pourriez vous nous raconter votre première fois au handball ?
Moi, j’ai touché ma première balle de handball grâce à mon papa qui jouait à Longvic, à côté de Dijon. Je passais tous mes week-ends au gymnase qui était très familial. En dehors des matchs de mon père, on allait voir les autres équipes et après on buvait souvent un verre avec les autres parents.
Et il paraît que votre première fois sur le terrain a été dans les cages… C’est vrai ?
Oui, tout à fait ! C’était pour dépanner l’équipe de ma sœur qui était à l’école de hand. L’entraîneur savait que l’année suivante j’allais m’inscrire et il m’a donc demandé d’aller aux cages pour voir ce que je valais. Et ça n’a pas duré car je fuyais un peu la balle (rires).
Ça a tout de suite été une histoire d’amour ?
Au début, c’était juste une partie de plaisir, du loisir. Je jouais avec mes copines et j’adorais ça mais j’étais loin de m’imaginer que 10 ans après, ça serait mon métier. Mais je suis la plus heureuse avec ça, parce que si on ne va pas tous les jours en prenant du plaisir et en ayant hâte, ça ne peut pas être ton métier ! J’ai la chance de faire de ma passion mon métier et j’en suis très très reconnaissante. Je suis très heureuse d’être là où je suis.
Quel a été le premier moment où vous vous êtes dit que ça pourrait « le faire » ?
C’était quand j’étais à Longvic en U16 et U18, j’ai eu un entraîneur qui s’appelle Faïçal Kiour qui m’a vraiment poussée à faire tout ce qui était sélections. Il a toujours été derrière mon dos et ça m’a mis la puce à l’oreille. Quand je revenais des intercomités, des interligues et que j’ai été appelée par l’équipe de France cadettes la première fois, je me suis dit que je franchissais des étapes et que ça pouvais devenir sérieux. Je me demandais si j’en avais envie, si j’en étais capable et j’ai adoré la tournure que cela prenait. De plus en plus, le fait de devenir handballeuse professionnelle, ça a grandi en moi.
Une première sélection avec les cadettes, ça doit être beaucoup d’émotions…
Oui, en plus, mon premier stage France, je l’ai fait avec la génération 2000 et 2001. Il y avait Pauletta Foppa notamment. Ce que j’ai découvert sur ces rassemblements, c’est vraiment la rigueur, la discipline, les entraînements plus longs et structurés. Un sérieux dont je n’avais pas idée et c’était impressionnant. Et bizarrement, j’aimais beaucoup ça, avec l’envie constante d’y retourner.
Votre premier changement de club arrive alors puisque vous rejoignez Dijon. Ça a été difficile ?
Je savais qu’il fallait que je parte de mon club pour faire du handball beaucoup plus sérieusement. Donc j’ai signé au centre de formation pendant 3 ans puis un an comme stagiaire pro. Et au fur et à mesure, j’ai pu découvrir le fonctionnement du groupe pro, les déplacements même si j’étais d’abord sur le banc. J’ai beaucoup appris avec les entraînements, les échauffements même si je n’ai pas tout de suite joué. Puis, il y a eu des blessures qui m’ont permis de mettre un pied sur le terrain. J’apportais surtout mes performances défensives.
Vous vous souvenez de votre premier match et de votre premier but ?
Alors là, pas du tout (rires) ! Ce dont je me souviens, c’est que c’était à domicile… Et surtout des sensations qui peuvent me remonter.
Depuis vous êtes partie du côté de l’Alsace pour prendre encore plus de temps de jeu. Ce premier gros changement de club pro était important ?
En vrai, ça n’a pas été facile. J’ai pesé le pour et le contre car même si c’est récent, je suis encore une joueuse jeune mais qui doit bientôt arriver à maturité, dans 2 ou 3 ans. Et si je ne sautais pas le pas à ce moment-là, je ne pourrais peut-être pas voir ce que c’est de changer comme ça. Quitter son club de toujours, ça n’est pas facile. Je voulais voir ce que l’on pouvait m’apporter ailleurs, des nouveaux entraîneurs, une nouvelle équipe. Et puis aussi pour ma vie de jeune femme ! Et le club m’a fait confiance. Même si le niveau était un peu en dessous de la JDA car le SATH n’est en Ligue Butagaz Énergie que depuis récemment, j’allais avoir plus de responsabilités dans le jeu. Et j’avais envie de me challenger là-dessus. Là, je n’ai qu’une envie, c’est de jouer le plus longtemps possible ici car c’est un club bien structuré, dans lequel je me sens bien et qui a de beaux projets pour nous. Donc maintenant, à nous de mener la barque au mieux et d’ici 3 ans, potentiellement, être européennes.
Présente des deux côtés du terrain, deuxième meilleure marqueuse de votre équipe, pour le moment, c’est votre première saison la plus pleine. Qu’en dites vous ?
Au début de la saison, je me suis fixée comme objectif d’être la plus régulière possible. Et d’éviter d’avoir des gros creux, même si cela arrive évidemment. Je voulais vraiment réussir ça, apporter au collectif mes points forts, en duels, en tirs à mi et longue distance. J’ai la confiance de mes partenaires et des coachs, c’est vraiment rassurant de jouer avec cette équipe-là !
Quelle première pourrait-on vous souhaiter ?
J’adorerais faire une première face à des équipes d’autres championnats. Jouer la Coupe d’Europe, je le souhaite à mon équipe et à moi !