EHFCL (J5) – Grâce Zaadi (Rostov) : « Nous n’allons pas nous faire de cadeaux »

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(photo : Rostov-Don)

 

Formée à Metz, Grâce Zaadi a pris la direction de la Russie cet été pour y vivre à 27 ans sa première expérience à l’étranger sous les couleurs de Rostov-Don, finaliste de l’édition 2018-2019 de la Ligue des Champions. Ce weekend, l’internationale française va retrouver ses anciennes partenaires messines, à l’occasion de la cinquième journée de la phase de groupe de la Champions League. Un choc XXL en Russie, entre deux clubs qui figurent parmi les favoris de la compétition, et qui sont actuellement au coude à coude au classement dans le groupe A. Face à son club formateur, Grâce Zaadi va vivre un match particulier, mais pas de quoi perturber la compétitrice, qui est déterminée à prendre les deux points avec Rostov. Sa nouvelle vie en Russie, ses ambitions, ses retrouvailles avec Metz… l’intéressée a pris le temps de répondre à nos question avant la rencontre programmée samedi après-midi en terre russe. 

Grâce Zaadi (Rostov-Don) :

Comment se passe ton acclimatation en Russie ? 

C’est une vie ensoleillée pour le moment ! J’ai du soleil depuis le début, cette semaine il fait encore 24-25°, c’est agréable. C’est une ville dynamique, il y a de quoi s’occuper. Il y a beaucoup de cafés, de restaurants… et il y fait bon vivre. Je commence à apprendre le russe, et même si je suis encore loin de le parler, je maitrise quelques mots. C’est une langue difficile, et il va me falloir un peu de temps. 

 

Et sportivement ? 

Sur le plan sportif, je suis arrivée tardivement en Russie, quasiment un mois et demi après la reprise. J’ai forcément pris un peu de retard sur le handball, après plusieurs mois sans jouer. Physiquement j’étais bien, mais je n’avais pas touché de ballon depuis le mois de mars. Courir et jouer un match, ce sont deux choses totalement différentes, et il m’a fallu un peu de temps. Il y aussi eu une période assez longue avec le changement de coach. Nous sommes restées presque un mois sans le nouveau coach, avec l’adjoint qui avait pris les commandes en attendant son arrivée. Nous n’avons pas pu mettre en place notre projet de jeu, et ça nous a fait prendre du retard sur le début de la saison. Notre entraîneur est arrivé la semaine dernière, et nous avons joué notre premier match avec lui en Ligue des Champions en Allemagne contre Bietigheim. Nous avons gagné, et ça a été l’occasion de revoir une ancienne messine, Xenia Smits. 

 

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(photo : Rostov-Don)

 

« La manière de jouer est différentes » 

 

Tu arrives dans une nouvelle équipe, au sein d’un groupe qui a peu évolué à l’intersaison. Comment se déroule ton intégration ?

Mon adaptation dans le groupe se passe bien. Je ne suis pas une fille qui de nature est difficile à gérer, je suis plutôt sociable. Dans le jeu, on apprend encore à se connaitre avec mes nouvelles partenaires. La manière de jouer est totalement différente de ce que j’ai pu connaitre en France, et ça va prendre un peu de temps pour peaufiner les automatismes. 

 

Est-ce-que tu penses que cette nouvelle manière de jouer va te permettre de progresser encore en tant que joueuse ?

Honnêtement avant d’arriver à Rostov je pensais ça. Mais en fait, pas forcément, c’est trop tard. J’ai été formée d’une certaine manière, elles d’une autre, et en terme de savoir-faire, je pense que je suis rodée, je ne peux pas devenir une autre joueuse. Par contre, découvrir leur culture, c’est très enrichissant pour moi. Je discute beaucoup avec les filles, j’aime comparer les deux modèles, et par exemple leur système de formation est différent du notre. C’est intéressant d’apprendre de nouvelles choses. 

 

« Il faut un temps d’adaptation »

 

Tu as affronté à de nombreuses reprises la plupart de tes nouvelles partenaires, en club et en sélection. Ça fait quoi de porter le même maillot ? 

Grâce aux compétitions internationales, je connaissais déjà la plupart des joueuses avec qui je joue aujourd’hui en Russie. J’étais au fait sur leurs points forts, leurs faiblesses… mais les découvrir de l’intérieur, c’est « ouf ». De manière générale, on projette toutes des images sur des joueuses, et lorsqu’on découvre les choses de l’intérieur, c’est différent. La manière de travailler est complètement différente de ce que j’ai pu connaitre à Metz. Il y a beaucoup d’expérience dans cette équipe, et il va maintenant falloir trouver nos automatismes entre nous. Anticiper ce que les autres vont faire, c’est un peu la problématique du moment. Pour l’instant, les autres ne savent pas toujours anticiper ce que je vais faire sur le terrain. Il faut un temps d’adaptation, mais nous sommes sur la bonne voie. 

 

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Tu vas retrouver Metz ce weekend en Ligue des Champions. Comment appréhendes-tu ce rendez-vous ? 

Je suis très contente de jouer contre Metz, de revoir les filles, même si ça va passer très vite. Et puis je suis très excitée de jouer ce match. Je les connais, elles me connaissent, il y a eu beaucoup de face à face entre Metz et Rostov en Ligue des Champions ces dernières années, et j’ai l’impression que ça va être un duel super intéressant. Et puis d’un point de vue personnel, je suis une compétitrice, comme la plupart des filles des deux équipes d’ailleurs. Je vais défendre face à Orlane, et il va forcément y avoir des petits duels dans le match. Nous sommes très chambreuses, et on ne se loupera pas après.

 

Quel regard portes-tu sur cette équipe messine ? 

Je sais que ça va être un gros match. Metz a de nouvelles recrues qui apportent des choses différentes, mais l’ADN du Metz Handball est toujours présente. Je sais que c’est un match difficile qui nous attend, mais je suis très pressée de les retrouver. 

 

« Nous n’allons pas nous faire de cadeaux »

 

Il risque d’y avoir un peu d’émotion non ? 

Affectif ou pas, il faut prendre les deux points. Nous n’allons pas nous faire de cadeaux, c’est certain. On va se taper dessus pendant 60’, sans méchanceté évidemment, dans les règles ! C’est une rencontre très importante à domicile pour nous, dans un groupe très relevé. Nous avons déjà perdu un point à la maison contre Krim, et nous ne pouvons pas nous permettre d’en perdre encore ce weekend. Je suis bien placée pour savoir que gagner des points aux Arènes de Metz c’est très compliqué, donc il va falloir l’emporter, même si ça s’annonce difficile. 

 

Quels sont tes objectifs avec cette équipe de Rostov ? 

Honnêtement, tout gagner. Le championnat, la Ligue des Champions, je n’ai pas peur de le dire, c’est un challenge que je me suis fixée. Avec Metz j’avais aussi ces ambitions, et je suis à Rostov pour gagner, pour performer. J’ai quitté un club ambitieux pour en rejoindre un autre qui l’est aussi. Mais avant de parler de gagner la Ligue des Champions, il va falloir sortir de ce groupe qui est très compliqué. La nouvelle formule est excitante, tous les weekends tu affrontes un adversaire qui peut prétendre au Final 4, et c’est vraiment cool de jouer cette compétition. 

 

« Je suis une blagueuse, et en anglais je ne suis pas toujours comprise par les autres »

 

Tu étais contente de retrouver l’équipe de France lors de la première étape de la Golden League ? 

Honnêtement, j’attendais cette échéance avec impatience. D’abord pour pouvoir retrouver l’équipe de France plusieurs mois après notre dernier regroupement, et puis de retrouver les copines, de parler français. Je suis une blagueuse, et en anglais je ne suis pas toujours comprise par les autres (rires). J’étais contente de rentrer en France, et de faire cette semaine internationale. 

 

Pour finir, un mot sur l’Euro 2020 qui se tiendra en décembre prochain en Norvège et au Danemark. 

Nous avons besoin de performer sur cette compétition, après notre Mondial raté. On veut revenir fort, et même si le contexte sanitaire nous a empêché de nous préparer comme nous l’aurions voulu, mais c’est le cas pour toutes les équipes, ça nous tient à coeur de montrer notre vrai visage, celui qui nous a permis de gagner des titres. On veut prouver que le Japon n’était qu’un faux pas.